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Greffe osseuse 3D: la prouesse de Novadip

La technologie révolutionnaire développée par Novadip consiste à former un greffon osseux à partir du tissu graisseux du patient. 
La technologie révolutionnaire développée par Novadip consiste à former un greffon osseux à partir du tissu graisseux du patient. 

Il s'agit d'une première mondiale en chirurgie orthopédique: les chirurgiens des cliniques universitaires de Saint-Luc ont réparé l'os du tibia d'un enfant de 5 ans grâce à une greffe osseuse en 3D. Une technologie révolutionnaire développée par la biotech wallonne Novadip et qui consiste à former une plasticine osseuse à partir de cellules-souches prélevées dans le tissu graisseux du patient. 

Cet enfant est atteint de pseudarthrose congénitale du tibia, une maladie rare et invalidante où une fracture du tibia ne guérit pas. «Ce petit garçon est né avec une fracture du tibia et cette fracture qui survient sur un os tout à fait malade n’a pas la capacité de pouvoir guérir comme un os normal», précise le Pr Pierre-Louis Docquier, chirurgien orthopédique aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Les conséquences sont lourdes: des douleurs provoquées par le frottement des deux parties osseuses dépourvues de cartilage et une difficulté à marcher. «Ces enfants doivent subir une dizaine d’opérations. Parfois, cela ne marche pas et l’on est obligé de les amputer pour qu’ils puissent marcher avec une prothèse».

Cela n'a heureusement pas été le cas de ce petit bonhomme qui a été pris en charge il y a deux ans par le CHU Saint-Luc et a pu bénéficier d’une technologie innovante développée par Novadip. Cette spin-off de l'UCLouvain basée à Mont-St-Guibert a développé un procédé inédit qui consiste à prélever chez le patient un peu de tissu adipeux au niveau de son propre abdomen, qui est ensuite transformé en une sorte de plasticine osseuse réinjectée dans les fractures récalcitrantes.

Deux produits candidats sont déjà en phase d'étude clinique, l'un ciblant les fractures de grande taille non cicatrisantes des membres inférieurs chez l'adulte, l'autre, le plus ancien, ciblant les fusions vertébrales complexes. Le produit utilisé à Saint-Luc est donc une troisième version de cette technologie. "Notre produit historique ne correspondait pas tout à fait à la physiopathologie de ce type d'enfant, qui empêche à la fois la formation de l'os, mais en plus ronge progressivement l'os. Les défauts de taille critique sont tellement grands que l'on n'arrive plus à restaurer la continuité osseuse. A la demande du professeur Pierre-Louis Docquier du CHU, on a donc adapté le produit" explique Denis Dufrane, CEO et cofondateur de Novadip Biosciences.

Un an après l'implantation, les résultats indiquaient un remodelage osseux suffisant pour permettre au patient de marcher sans douleur et sans récidive apparente de la maladie. Aujourd’hui, 2 ans plus tard, le petit garçon marche normalement.

Un succès encourageant pour Novadip qui entend bien "poursuive le développement de ce médicament de thérapie cellulaire avancée pour le mettre à disposition d’autres patients."

 

Source: L'Echo et L'Avenir 

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