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« Le Royaume-Uni veut aider ses entreprises à durabiliser leurs activités. La Belgique peut leur apporter ce dont elles ont besoin »

« Le Royaume-Uni veut aider ses entreprises à durabiliser leurs activités. La Belgique peut leur apporter ce dont elles ont besoin ».

Dans le cadre de la Mission économique princière belge se déroulant actuellement au Royaume-Uni, Wallonia Export et Greenwin ont organisé une journée business entre acteurs belges et britanniques de la recherche et des entreprises afin de renforcer les synergies et échanges économiques dans le secteur en croissance des Cleantech. Mais qu’est-ce que représente exactement le secteur Cleantech ? Quelle place occupe-t-il en Wallonie ? Rencontre in-situ avec Greenwin et l’entreprise Beal International, déjà bien connue outre-manche.

 

Qu’est-ce que la « Cleantech » ?

Si cela fait en réalité près de 10 000 ans que l’humanité développe et maîtrise des techniques relavant de la Cleantech, à l’heure actuelle, il n’existe pas encore de définition officielle du secteur. Moins connue que ses homologues des «Greentech », « Fintech » et autre « Deeptech », la Cleantech est pourtant un secteur en forte expansion à travers le monde car elle répond directement à de nombreux enjeux environnementaux et de santé actuels. Il est communément admis qu’il recouvre les entreprises qui soutiennent le développement et la commercialisation de technologies propres, celles qui s’attaquent aux racines des problèmes environnementaux.

Aujourd’hui, les activités relevant de la Cleantech concernent principalement les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, du traitement des déchets et de la dépollution ou de la construction et visent à améliorer l’efficacité de leurs activités en protégeant l’environnement et la santé.

 

La Cleantech wallonne au Royaume-Uni

Hydrogène vert et construction. Ce sont sans doute deux des plus importants secteurs qui permettent actuellement à la Wallonie de contribuer aux efforts mondiaux de diminution des émissions de CO2 et de lutte contre le changement climatique. On évalue à l’heure actuelle plus de 200 acteurs privés wallons (pour environ 17 000 emplois) spécialisés dans un ou plusieurs métiers relevant des Cleantech en énergie et environnement, et ce nombre continue de croître d’années en années. En effet, les nouvelles opportunités économiques créées par la prise en compte du développement durable à tous les niveaux de l’entreprises dans les stratégies de développement local ou international prennent ici tout leur sens. Et c’est de ces opportunités que la Wallonie a souhaité faire profiter à ses entreprises le temps de la Mission économique princière belge organisée au Royaume-Uni en 2022.

Pour illustrer et renforcer les efforts de développement de la Cleantech wallonne à l’international, Wallonia Export (AWEX) et le pôle wallon de compétitivité GreenWin ont organisé une journée de présentation et de valorisation de l’écosystème wallon à Cambridge (Maxwell Centre – Cavendish Laboratory) avec Cambridge Cleantech. L’action comprend une présentation des secteurs des technologies Cleantech du Royaume-Uni et de Belgique, suivie de plusieurs sessions d’informations consacrées à l’Energie (hydrogène) et à la construction en présence des acteurs-clé du secteur en recherche/innovation (University of Cambridge, Cranfield University…)  et d’entreprises britanniques (Hydrologiq, Johnson Matthey, Thermulon, 5th Sutdio, IntelliHeat…).

Le Royaume-Uni devient d’ailleurs un marché encore plus stratégique depuis que le gouvernement a annoncé un nouveau régime fiscal environnemental visant à encourager les entreprises à augmenter significativement leurs performances environnementales à tous les niveaux de leurs structures (production, consommation, isolation…). La Wallonie entend se positionner sur ces nouveaux besoins en solutions et technologies environnementales à combler de l’autre côté de la manche.

 

Rencontre avec un habitué du marché britannique : BEAL International

Parmi les sociétés wallonnes représentant le secteur ‘Cleantech’ lors de la Mission princière belge au Royaume-Uni, nous avons pu rencontrer Barbara Thiry, Sales Director chez Beal International (Fernelmont, Namur), entreprise familiale fondée en 1978 et spécialisée dans la fabrication de produits destinés au secteur de la construction (mortier, granits, enduits…). L’occasion de partager leur expérience avec leur plus important marché à l’export.

 

Wallonia Export : Bonjour Barbara. Pourriez-vous nous présenter en deux mots en quoi vos produits s’inscrivent-ils dans les Cleantech ?

Barbara Thiry : Nous deux produits phares sont le MORTEX® et le Granito/Terrazzo BEALSTONE®, tous deux fabriqués en Belgique et composés respectivement de 95% et 97% d’ingrédients d’origine naturelle sourcés en Europe. Leurs formules sont neutres et pigmentables par l’artisan directement sur chantier, ce qui permet un transport plus écologique et évite les pertes de produit. Nous donnons toujours la priorité au local dès que c’est possible. Nous veillons également à optimiser la production et le tri de nos déchets, qui sont éliminés dans les filières recommandées pour permettre un maximum de recyclage et un impact maîtrisé sur notre environnement. Nos matières premières sont d’origine belge ou européenne. Notre département de Recherche et Développement se concentre sur la conception de produits respectueux des ressources, de l’environnement et des utilisateurs.

AWEX : Etes-vous ici pour prospecter le marché britannique ou bien est-ce un marché que vous connaissez déjà bien ?

BT : Plutôt bien oui, cela fait plus de 10 ans que nous exportons vers le Royaume-Uni et que nous participons à des foires commerciales (Ecobuild, UK Construction Week…), dont certaines avec Wallonia Export d’ailleurs. On peut même dire que c’est un marché stratégique pour nous qui réalisons près de 70% de notre chiffre à l’export. A l’heure actuelle, nous avons des applicateurs de tout le pays qui utilisent déjà nos produits.

AWEX : Le Brexit n’a pas eu trop d’impact sur vos activités ?

BT : Au niveau de nos clients ou des formalités douanières, pas vraiment. C’est plutôt au niveau du transport que ce fut, et que ça reste laborieux. C’est devenu difficile de trouver des transporteurs européens qui acceptent encore d’aller en Grande-Bretagne. Ils perdent trop de temps, et donc d’argent. Du coup, pour le moment, ce sont surtout nos clients qui viennent se livrer eux-mêmes chez nous, à Fernelmont (Namur). Nous avons eu plusieurs fois des blocages ou des retards qui ont entravé nos activités, mais nous nous attendons à ce que les douanes anglaises regagnent progressivement en efficacité.

Par contre au niveau des nouvelles réglementations, et donc des formalités à fournir, je pense que c’est une fausse crainte. Toute entreprise wallonne qui exporte déjà hors Europe ne percevra pas de difficultés particulières, c’est à peu près les mêmes démarches que dans le reste du monde. 

AWEX : Vous exportez ailleurs dans le monde ?

BT : Oui partout en Europe, mais également au Japon, en Thaïlande, à Taiwan, en Indonésie, en Australie, au Maroc, aux USA, au Canada… Beal a 47 ans, nous avons donc eu le temps de nous bâtir un beau réseau international. C’est la force des PME de notre taille : nous sommes souples et nous pouvons nous adapter facilement et rapidement à chaque marché et clients. C’est aussi ce que nous avons fait avec le Royaume-Uni après l’entrée en vigueur du Brexit. In fine, ce n’est pas si compliqué que cela.

AWEX : Comment la pandémie de covid19 a-t-elle impacté vos activités ?

BT : Disons que ça a été un mal pour un bien. La période nous a permis de renforcer les liens avec nos clients et nos partenaires existants. Ces derniers ont pu prendre le temps de davantage tester nos produits, de se les approprier. En temps normal ils sont très occupés et ont rarement l’occasion de le faire. Ça nous a confirmé l’importance d’entretenir et de dynamiser son réseau. Au final, pendant la pandémie, nous avons même pu construire de nouvelles belles histoires avec nos clients, même ceux situés à l’autre bout du monde et au Royaume-Uni.

AWEX : Et quelles sont vos attentes par rapport à la Mission princière qui se déroule actuellement ?

BT : Nous aimerions concrétiser la mise en place d’un point de vente permanent au Royaume-Uni et de disposer d’un stock là-bas pour fournir directement nos clients. Cela nous rendrait moins dépendant des aléas des transports et des douanes. Grâce à la mission, nous avons l’occasion de rencontrer une série de leads et de concrétiser des rendez-vous prévus parfois de longue date avec des clients, prospects et partenaires mais que nous n’avons soit jamais le temps de voir. La mission permet aussi d’accéder à des acteurs économiques difficilement accessibles en temps normal. Ici beaucoup sont présents et ouverts au réseautage. Le cadre prestigieux de la Mission Princière est pour cela exceptionnel pour notre visibilité et nous faire davantage connaître, même au sein de la délégation belge. Comme quoi, on connaît parfois mieux nos clients lointains que nos propres voisins (rires).

 

Accord-cadre signé entre GreenWin et Cambridge Cleantech

Le 11 mai 2022, le pôle de compétitivité wallon des Cleantechs GreenWin et Cambridge Cleantech ont signé un mémorandum fournissant le cadre d'une collaboration future entre les deux entités.

Ce protocole d'accord vise notamment à favoriser l'innovation par le soutien à des projets collaboratifs de Recherche, Développement et Innovation entre les membres partenaires des deux institutions et les signataires eux-mêmes, soutenir le développement (commercial ou non) des industries des technologies propres et de leurs communautés respectives et contribuer à internationaliser les activités des membres de GreenWin et Cambridge Cleantech, via la participation à des missions internationales, l'accueil de délégations d'autres partenaires, la participation à différents événements, la promotion...

 

       

  

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