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We Are Oskar, Arnaud de Harven & Thi-Thi Nguyen02/04/2019

Ce couple complice et visiblement très en phase est à l'origine d'un projet professionnel qui se rêve désormais à l'international. Rencontre avec Arnaud de Harven et Thi-Thi Nguyen, respectivement photographe et directrice artistique, fondateurs du Studio Oskar.

 

TLmag: Quand avez-vous décidé de travailler ensemble?

Arnaud de Harven: En 2009, nous sommes partis vivre au Vietnam (le pays d'origine de Thi Thi, ndlr.). De retour à Bruxelles trois ans plus tard, nous avons eu envie de mettre notre vision de l'image au service d'un projet commun. Thi-Thi avait occupé des postes de copywriter et de strategy planner dans la pub pendant plus de 10 ans. Moi, je suis photographe. Travailler ensemble n'était pas une évidence, mais presque.

Très vite, vous avez affiché une identité visuelle ultra définie. Comment est-elle née?

Thi-Thi Nguyen: J'aime parler d'un personnage qu'on a construit au fil de nos projets. A force de créer des tas d'images, une ligne directrice s'est rapidement dessinée. Et ce, sans qu'on ait vraiment eu de stratégie précise.

AdH: Aujourd’hui, nos clients viennent nous chercher pour cette identité. Ils nous ressemblent. C’est une chance.

Qu’entendez-vous par là?

AdH: Si l'on prend une maison comme Pierre Marcolini, il y a des similitudes claires : la poésie, un amour de la couleur, une approche surréaliste... C'est agréable de travailler pour des marques qui parlent le même langage que nous et qui partagent nos valeurs, notre recherche constante de qualité.

Vous parlez d'éthique, une valeur très à la mode. Où placez-vous la vôtre?

TTN: À mon niveau, l'éthique consiste, par exemple, à me demander si mon envie de travailler avec un animal, juste pour le plaisir de produire une belle image, est justifiée ou si, lorsque je réalisais des éditos mode, j'allais vraiment utiliser de la fourrure. Véhiculer du rêve, pourquoi pas, mais devais-je le faire, quitte à aller à l'encontre de mes valeurs?

AdH: Dans cette idée d'éthique, il y a aussi celle de l'image. Nous trouvons important d'éduquer nos clients dans ce sens en leur expliquant qu'il y a des limites à ce que nous pouvons faire. Produire 25 photos sur une journée, c'est techniquement possible, mais pas si on veut réaliser un travail de qualité.

Les réseaux sociaux n'aident pas vraiment à favoriser cette prise de conscience.

AdH: Notre travail se concentre principalement sur les natures mortes en studio. Dans ce créneau précis, la toile n'est pas encore saturée d'images.

TTN: Nous faisons en tous cas en sorte de les utiliser à bon escient. Sur Instagram, nous postons des images finalisées qui cadrent parfaitement avec notre vision esthétique. C'est une manière de nous assurer une certaine visibilité, indispensable si on veut continuer à grandir.

Cette croissance passe notamment par l'international. Vous avez un agent à Paris. Quelle est votre stratégie?

TTN: Notre agent nous a parfaitement cernés. Elle dit de nous que nous avons un style belge car teinté d'humour. Nos images affichent une forme d'autodérision.

AdH: On fait ce que j'appelle du sérieux ludique. Techniquement, c'est très léché, mais la narration se veut légère et décalée. Tout ça va de pair avec une réflexion plus globale par rapport à l'image. Qu'est-ce qui fait que, dans un monde saturé d'images, les gens vont s'arrêter sur les nôtres une seconde de plus ? C'est à cette question que nous tentons de répondre au travers de nos projets.

Et lorsqu'on vient vers vous, vous avez carte blanche?

TTN: La campagne que nous avons réalisée pour Ikea est intéressante dans le sens où c'est en voyant des totems que nous avions conçus pour un tout autre projet que la marque a décidé de faire appel à nous. Pour nous qui aimons travailler à l'écart du tumulte et construire nos images exactement comme nous l'entendons, c'est une aubaine. 

AdH: On pourrait croire qu'avec un cahier des charges précis, la marche est minime. C'est tout le contraire, en fait... Dernièrement, nous avons été commissionnés par Dior pour réaliser des portraits des parfumeurs François Demachy et Jacques Cavallier. Ce qui, à la base, devait s'apparenter à de simples portraits (un registre dans lequel nous sommes peu actifs) s'est transformé en un magnifique projet qui nous a permis, notamment, de déménager le bureau de François Demachy dans les jardins de la propriété Dior à Grasse. Une manière de sublimer une scène qui, compte tenu du caractère neutre de la pièce, nous semblait moins intéressante.

L’on peut imaginer que c'est dans ce type de missions que vos deux profils se complètent le mieux. Vous avez chacun votre domaine d'expertise ou vos talents respectifs finissent-ils par ne plus en faire qu'un?

TTN: Moi, mon job, c'est la direction artistique, la scénographie et la création de décors. Arnaud est photographe. Celui qui place la lumière, c'est lui.

AdH: Sauf qu'au fil du temps, cette frontière s'est très fort estompée. Je peux aider Thi-Thi sur la création d'un décor. Et lorsque je photographie les objets, elle va me dire ce qu'elle en pense et me proposer, pourquoi pas, d'autres angles que je n'avais pas envisagés.

À quoi ressemble votre prochain défi?

TTN: J'espère qu'on va s'exporter encore plus par le biais de missions à l'étranger...
AdH: ... Et, plus simplement, grandir sans nous trahir en continuant à collaborer avec des clients qui partagent nos valeurs et notre engagement.

 

Interview réalisée par Marie Honnay

 

Plus d'infos: www.weareoskar.com

 

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