Et le Pérou ? Et notre image ?17/06/2016

Le Pérou vient de connaitre une de ses élections présidentielles les plus serrées de son histoire récente. En effet elles opposaient :

  1. Madame Keiko Sofia Fujimori Higuchi, née à Lima le 25 mai 1975 (fille de l'ex-Président alberto Fujimori (de parents japonais) qui arriva à sortir le pays de crises énormes des points de vue économique, social, sécurité (et notamment la lutte contre le terrorisme), confiance dans les années 90. Mais, utilisa aussi quelques procédés qui firent qu'il purge actuellement un longue peine de prison). Elle fut première Dame en lieu et place de sa mère désavouée, puis parlementaire. Elle fut déjà candidate à la présidence une première fois sans l'emporter.
  2. Monsieur Pedro Pablo Kuczynski, né à Lima le 03 octobre 1938, économiste qui fut Ministre de l'Energie et des Mines sous le mandat du Président Belaunde Terry, Ministre de l'économie et des finances sous le mandat présidentiel de Monsieur Alejandro Toledo. Monsieur Pedro Pablo Kuczynsli est le fils d'un médecin allemand, lui-même d'ascendance Polonaise, possèdait aussi la double nationalité nord-américaine et péruvienne.

C'est monsieur Pedro Pablo Kuczynsli qui l'emporta de justesse avec 50,12% contre le plus que respectable 49,88% de Madame Keiko Fujimori qui par contre possède une large majorité au Congrès. En effet elle y possède 73 congressistes sur 130 contre 18 seulement pour le parti du Président élu
C'est donc une cohabitation aux contours encore troubles et difficiles qui s'annonce pour les 5 prochaines années. Même si le positionnement économique du pays semble tracé du fait de la proximité des programmes économiques présentés par les deux formations politiques. 

La cohabitation est connue en Europe et dans nos pays.
Nous savons que cela peut amener des difficultés sérieuses. Mais, nous savons aussi que les pays et leurs dirigeants sont obligés de continuer à avancer et plus encore à présent où la force de la communication, des lobbys, des échanges divers dont commerciaux, industriels, de services, de connaissances, d'accords internationaux se marquent chaque jour un peu plus.

Est-ce un bon moment pour penser au Pérou, tant sur le plan des communications, des échanges, des investissements, des offres, voire de l'expatriation? Je pense que oui.

On ne peut pas se permettre de ne pas tenir en compte des pays émergeants et/ou récemment entrés dans le cercle des nations de potentiels démontrés, possédant en outre un sous sol très riche en de nombreuses matières premières, possédant de nombreux produits à forte valeur ajoutée potentielle, possédant un pouvoir acquisitif non négligeable tout en ayant une main d'oeuvre encore bon marché même si cet aspect va en diminuant.

Dans un contexte social européen plus complexe avec une crise qui ne finit pas d'essayer de se terminer, se positionner avec et dans d'autres marchés au-delà des frontières européennes est important d'autant que d'autres y travaillent déjà.

Le marché Sudaméricain de la côte Ouest est particulièrement digne de notre intérêt sachant qu'il se trouve désormais hors des grands axes de menaces. Et le Pérou y est un hub optimal! Sur la côte Est le Vénézuela et le Brésil passant par des périodes politiques et sociales difficiles actuellement.

Certes tout n'y est pas facile,(d'ailleurs où l'est-ce? N'est-ce pas?) mais, des structures sont en place ou s'installent depuis peu pour vous y aider, pour faciliter ces échanges, les implantations, import/export, les créations d'entreprises, le travail d'image, aides diverses, les contacts et regroupement pour plus de force et de visibilité.

Parmi elles nous avons certes depuis toujours Ambassade et Consulats, parfois des attachés commerciaux, les images des ambassadeurs Wallonia.be, mais aussi et surtout

  • les Chambres de Commerce, comme
  • EuroCámaras l'association des Chambres Européennes au Pérou
  • et pour notre pays la Chambre de Commerce et de Culture de Belgique et du Luxembourg au Pérou ou Cámara CCBLP/Chambre CCBLP (www.camaraccblp.com),
  • pour les parties plus légères les structures ELAN (en 7 pays latinoaméricains comme ELANBiz et ELAN Network 
  • les délégués de l'AWEX/WBI,
  • et pour aider nos compatriotes de façon plus personnelles, familiales etc des représentants de l'UFBE (Union Francophones des Belges à l'Etranger),
  • les Associations des Belges dont le Belgo-Club au Pérou.

Ce ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne sont pas au-dessus des lois locales, ne sont pas des ministères, ne sont pas des banques. Mais, constituent très certainement des partenaires fondamentaux pour se faire une place ou des places considérées et appréciées, comme pays, comme régions, comme Belges, Bruxellois, Wallons ou Luxembourgeois.

Il existe peu d'expériences d'expatriation sans risque. C'est clair, l'herbe n'est pas obligatoirement plus verte ailleurs. Vivre dans son pays natal, comme en Belgique, à Bruxelles, en Wallonie, peut être magnifique, riche, passionnant et contenir tous les ingrédients d'une vie remplie sans les risques liés à l'inconnu de l'expatriation, au choc culturel, à la poursuite vaine (et très chère) de chimères. Superbe positionnement géostratégique, hub politique, économique creuset de savoir-faire nombreux et de qualité, où l'on parlera sa langue natale et comprendra les moindres nuances de ce qui est exprimé.

Mais, d'un autre côté, il est tout aussi essentiel de faire connaitre à l'extérieur, notre pays, nos régions, leurs richesses, leurs valeurs, leurs qualité de vie, leurs intérêts pour des investisseurs.
Il est donc important d'avoir des ambassadeurs en contact aisé et de proximité avec les populations et entreprises locales de toute taille, des investisseurs potentiels, des voyageurs potentiels etc. 

Car malgré la méconnaissance anxiogène du lointain, combien sont celles et ceux qui pour ne pas prendre certains risques en ont pris un autre, qui n'est pas moindre, de s'astreindre à ce qui leur est parfois apparu comme une vie de moindre saveur (même si pas sans valeur), où ils ont dû étouffer l'essentiel de leurs rêves d'ambassade. Amenant pour partie d'entre eux à un bilan en demi-teinte où le terme de "malgré tout" voudra résonner comme une compensation qui veut éviter de blesser ou d'attrister. Valorisant la sécurité de la "cage dorée"  où l'on s'enferme volontairement acceptant la pression sociale, familiale et celle de ses propres faiblesses.
L'actualité démontrant d'ailleurs que le malheur peut frapper à votre porte n'importe où, même "chez soi" en Europe ou ailleurs. Les drames des attentats, des migrations massives, l'ont encore montré cruellement et les soubresauts parfois violents de la nature en différents points du globe aussi.

L'expatriation peut-être une passion ou une révélation (bonne ou mauvaise) extraordinaire surtout pour des Belges, des Bruxellois, des Wallons, des Luxembourgeois, très appréciés de façon générale pour leur capacité d'adaptation et la valeur ajoutée apportée dans de nombreux domaines. Et les problèmes traversés récemment grâce à cette appréciation maintenue et à la force de l'image véhiculée en général, n'entrave que peu encore les relations en Amérique Latine en général ou au Pérou en particulier. L'important est de ne pas baisser la tête, ne pas titiller la dépression, et au contraire caresser dans le bon sens, mettre en lumière peut-être un peu plus encore, notre image, nos valeurs, nos produits, nos services, nos connaissances et qualités en multipliant les actions de ce type dans tous les domaines.  

Pour ma part après plus de trente ans, d'une vie d'expatrié fabuleuse où je remercie le destin chaque jour d'avoir eu le peu de courage suffisant pour franchir le pas, puis la détermination, la passion de vivre plusieurs vies géniales en une et la sage paresse de me donner le temps de les savourer.

Combien de temps cela va-t-il encore durer? Serais-je un jour obliger de tout quitter sur-le-champ en raison de catastrophe naturelle, sanitaire, économique, politique, guerre ou autre ? Aucune idée. Mais est-ce que jusque-là le bilan est positif ? Bien plus que cela ! Notre pays, nos régions, nos producteurs et leurs produits et services en valent-ils la peine? Bien évidemment. Et l'expatriation peut-elle être enrichissante? Je viens d'y répondre.

N'y a-t-il jamais eu de déception, d'échecs, de douleurs, d'avancées et de reculades? Bien entendu.
Ai-je tout osé? Bien sûr, que non.
Tout refusé? Non plus!

Quelle est ma nationalité ? BELGE!
Est-ce que je pense changer de nationalité? Pas le moins du monde!
Je le suis avec fierté, détermination et en suis le défenseur à mon humble niveau, le représentant un brin chauvin et Royaliste. Si je pouvais revenir en arrière, je referais probablement la même chose mais avancerais peut-être plus fort en attendant encore moins, en profitant plus de chaque opportunité et en les débusquant plus. Les lois changent, deviennent parfois plus restrictives, s'ouvrent parfois peu de temps. Je ne gagne pas des fortunes, mais ai celle de faire des choses super enrichissantes d'autres points de vue, d'apprendre tous les jours, de découvrir encore et encore et de rencontrer nombre d'interlocuteurs qui connaissent ou découvrent la Belgique et les Belges avec intérêt.

Je partage avec qui le sollicite mon expérience, ma connaissance du pays, de son histoire, de ses lieux à découvrir, de ce que l'on peut y goûter, y déguster y vivre: c'est mon métier.

J'aide à la compréhension des systèmes locaux, pour une installation, une construction d'entreprise, un projet de vie, c'est ma fonction.

J'y propose le développement de projets qui me portent c'est mon ambition.

A l'image du pays où je réside (le Pérou) ma vie est faite de quelques contrastes et de diversité.

Mon expérience au Pérou est constituée aussi de rencontres dont j'ai appris que pour mieux les vivre  il faut  juste apprendre à mieux les apprécier, à se protéger, se ménager des aires, et à relativiser. 

On ne tombe de haut que si l'on monte, mais c'est de là-haut qu'on a une des plus belles vues.

Si l'on veut aller haut, il ne faut pas viser trop bas.

Regarder ce que l'on a tout près peut être sublime.

Monter ensemble aussi.

L'important c'est notre qualité de vie et notre devise nationale.